Près de 40 experts du secteur de l’éducation nationale, agents de l’administration centrale du ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique ( EPST) et acteurs de la société civile prennent part à l’atelier préparatoire à la formation des chefs d’établissements, des comités de gestion scolaire (COGES) et des comités des Parents (COPA) aux procédures de gestion des frais de fonctionnement alloués aux écoles par le trésor public.

L’atelier se tient depuis le vendredi 11 août 2023 et cela pour 6 jours, à Kisantu, au Kongo Central, avec le soutien du Projet d’équité et de renforcement du système éducatif (Perse) appuyé par le cabinet d’études Cercle de réflexion et d’appui pour le développement durable des initiatives de base ( CERDI – BAS) et le Centre d’études et de gestion du développement en Afrique ( CEDA).

Formation en 3 étapes

Le ministère de l’EPST qui organise ces formations, à travers l’ Equipe de coordination du Projet PERSE ( ECP), a défini le programme en trois étapes.

La première consiste à former les formateurs des formateurs au niveau national. C’est cette activité qui vient de s’ouvrir, ce jour, à Kisantu. Elle durera 6 jours.

La deuxième étape est la formation des formateurs provinciaux. Cette dernière sera assurée par des formateurs nationaux du groupe de Kisantu. Cette 2ème étape de formation concernera toutes les provinces couvertes par PERSE.

La troisième et dernière étape concernera les chefs d’établissements, les membres des comités gestionnaires d’écoles ( COGES) et des membres des comités des parents (COPA). Cette dernière étape sera assurée par les formateurs provinciaux.

A noter que ce programme est censé être d’application au cours de mois d’août et de septembre 2023.

Une « formation intégrée «

Il sied de savoir que les formations en cascade sont conçues dans l’approche holistique en incluant, outre la gestion des frais de fonctionnement, le Mécanisme de Gestion des Plaintes (MGP), la gestion de l’environnement scolaire dans ses aspects liés à l’hygiène, à la santé et à la sécurité ainsi que les notions de l’engagement citoyen. D’où l’appellation privilégiée et pertinente de « Formation intégrée » adoptée par le Perse.

La formation intégrée sert aussi, à travers ses trois aspects de MGP, de l’environnement scolaire et de l’engagement citoyen à l’information et à la sensibilisation à la notion de l’école sécurisée et inclusive qui vient renforcer la gestion des frais de fonctionnement.

A l’ère de la gratuité de l’enseignement primaire décrétée par le Gouvernement congolais (effective depuis septembre 2019) le focus sur la gouvernance du système éducatif a pris une ampleur toute renouvelée.

L’allocation des frais de fonctionnement, alternative pour la concrétisation de la gratuité de l’enseignement primaire

En effet, en visant, à travers la gratuité de l’enseignement primaire, la réduction du coût des frais scolaires dans le budget des ménages pauvres afin de garantir l’accès à l’éducation à tous les enfants congolais, le gouvernement a prévu une véritable mesure alternative pour concrétiser sa politique, à savoir : l’allocation des frais de fonctionnement aux écoles.

Ces fonds étaient, autrefois, substantiellement perçus par les établissements sur les frais que payaient les parents d’élèves.

Dans son accord de financement de la gratuité de l’enseignement primaire, avec la Banque mondiale ( qui a abouti à la mise en place du Projet Perse) le Gouvernement a pris sept (7) engagements fermes pour assurer la durabilité de la gratuité de l’enseignement, notamment l’engagement relatif à la répartition équitable des frais de fonctionnement aux écoles.

Cet engagement tient du fait que l’allocation d’antan des frais de fonctionnement était si modique et leur gestion manifestait un manque criant de bonnes pratiques comme la transparence et la redevabilité.

En vue de résoudre les difficultés pour une réforme qui apporte le changement dans la gouvernance du système éducatif, le gouvernement a levé l’option d’augmenter significativement, en fonction de ses ressources disponibles, des frais de fonctionnement aux écoles et d’élaborer un module de gestion des frais de fonctionnement.

Portés par le 5e engagement ou selon les termes techniques du projet le 5e Indicateur Lié au Décaissement (ILD 5), l’équipe de coordination du Projet (CEP) et le secrétariat général à l’EPST, à travers ses directions concernées, la Direction de l’Administration et de Finances (DAF) et la Direction Nationale de Contrôle et de la Paie des Enseignants (DINACOPE) ont, au cours d’un long processus, trouvé la formule de calcul des frais de fonctionnement pour la répartition équitable de ces fonds publics.

Ils ont aussi élaboré le manuel des procédures de gestion de ces frais.

La formule de calcul des frais de fonctionnement a retenu quatre catégories d’écoles qui sont :

– Celles ayant 5 à 11 salles de classe;

–  Les écoles de 12 à 19 salles de classe;

–  Les écoles ayant plus de 19 salles de classe et les écoles d’excellence ou de prestige.

Une allocation adaptée des frais est réservée à chaque catégorie afin que l’école fonctionne convenablement.

Le manuel de gestion des frais de fonctionnement contient des procédures d’utilisation de fonds mis à la disposition des écoles afin que l’orthodoxie dans la gestion soit assurée et que cela soit uniforme dans tous les établissements scolaires.

Ce qu’il faut savoir du projet PERSE

Le projet Perse vient en appui à la mise en œuvre de quelques dispositions de la Stratégie Sectorielle de l’Education et de la Formation 2016-2025 qui concourent à la consolidation de la gratuité de l’enseignement primaire. Perse est exécuté avec l’appui financier de la Banque mondiale dont une partie des fonds est directement versée au trésor public. Le Projet couvre dix provinces à travers le pays et s’étend sur 5 ans.

A ce jour, il a permis au Gouvernement de réintégrer dans le système éducatif plus de 2 millions d’enfants, au ministère de l’EPST de se doter du MGP avec son centre d’appels au numéro 178 pour les appels gratuits  et de faire signer aux enseignants du cycle primaire l’acte d’engagement au code de bonne conduite du personnel enseignant pour ne citer que ces résultats attestés et certifiés.